retour sur images

avril 2011

Jadis la bonne vieille technique de pêche de papa héron consistait à rester des heures immobiles pour espérer surprendre le poisson imprudent. Tout ça c'est fini ! Les jeunes hérons modernes sont plus funs et plongent carrément sur leur proie après un bref survole. Blague à part, c'est un phénomène assez nouveau qui se répand. Les raisons sont multiples et incertaines. La quantité impressionnante de nids aux abords du lac multiplie la population de hérons. La concurrence entre eux les amène peut être à trouver des solutions plus rapides et efficaces que le simple affût. Affûts d'ailleurs rendus difficiles par les dérangements occasionnés par les nombreux promeneurs abonnés au "tour du lac". Heureusement, le lac est très poissonneux et notamment en espèces qui apprécient les eaux chaudes de surface. Principalement durant le moi d'avril, ce sont des croisements incessants de tous ces oiseaux qui plongent parfois à quelques mètres des passants. Pendant cette période, ils ne sont pas seuls à surveiller la surface de l'eau, on y voit aussi, mouettes, sternes, balbuzards, milans noirs et bien sûr le fameux cormoran... Concurrence je vous le dis.

10/2007

Enfin...

Après de multiples planques et tentatives d'approches avortées, le voici enfin mais pas du tout sur le perchoir prévu. Il est sur ma droite et dans l'arbre sous lequel je suis caché. Les minutes sont longues pour déplacer sans à-coup le 100/400 dans sa direction. Mise au point manuelle car un fatras de branches barre le chemin. Je suis tordu et mal à l'aise, la photo sera probablement nulle mais c'est enfin la première pour moi de cet oiseau fabuleux. Depuis 2007, bien d'autres images de Martin pêcheur seront capturées par mon boitier, mais celle-ci a un parfum particulier. C'est la première, l'oiseau a une position non académique, elle n'est pas vraiment voulue et surtout le "brouillard" des branches donne un flou de fond d'image qui finalement ne manque pas d'esthétisme. C'est une de mes préférées à ce jour grâce au hasard finalement.

 

Mai 2009,

pile et face...

Cette année deux Martin pêcheur juvéniles sont sortis de la tanière. Voilà quelques jours qu’ils découvrent le monde et ils reviennent régulièrement sur la branche proche du nid où ils ont éclos. Le Martin pêcheur est cavernicole, il creuse donc avec son bec un trou dans une berge à l’abri de toute sorte de prédateurs pour y installer son nid. Dans le cas présent, l’installation est faite sous une voûte de terre tenue par un maillage de racines. Au dessus des buissons épineux et en dessous la Méline, une petite rivière de première catégorie où le Martin trouve essentiellement des épinoches ou autres alevins de truites. La photo est prise avec la focale 600 mm et on voit bien que ce sont des adultes en miniatures, toutes les couleurs sont là avec globalement une plus petite corpulence et des becs également plus courts. Ils réagissent aux cris aigus des parents et les suivent afin de recevoir leur petit poisson.

 

Octobre 2010,

Tranche de vie…

Depuis maintenant trois saisons j’attends le retour du Balbuzard pêcheur sur le perchoir où il passe l’essentiel de son temps lorsqu’il ne survole pas le lac en quête de poisson. Toutes ces heures passées en sa compagnie permettent d’identifier des comportements particuliers.

Quand il arrive lesté de sa proie il ne la dévore pas tout de suite. Une dizaine de minutes passent pendant lesquelles il observe son territoire pour déceler si un intrus y a pénétré pendant son absence mais aussi pour que son poisson perde de la vigueur.

Parfois le trophée peut atteindre le kilo et le manger aussitôt occasionne de vigoureux coups de queues qui déstabilisent le rapace. A grands coups d’ailes il se repositionne mais c’est au détriment de sa vigilance car il peut être harcelé à tout moment par les corvidés avides et nombreux.

 

Une fois le poisson affaibli il commence toujours par le manger par la tête. Le bord de la gueule est arraché et abandonné parce qu’il est trop dur ou trop gros et ne passerait pas dans l’œsophage.

C’est pareil pour une grande partie osseuse de la tête. Ensuite avec son bec tranchant il arrache, plus qu’il ne coupe, chaque morceau de chair. Tout y passe, nageoires, écailles, squelette sauf les viscères qu’il prend soin d’extraire et d’abandonner au pied de l’arbre.

 

Je suis toujours stupéfait de le voir avaler tout rond la queue du poisson qui peut parfois être pourtant respectable. Pendant ce festin qui peut durer de 10 minutes à 1 heure selon la taille du poisson, certaines pauses seront mises à profit pour éjecter sa fiente de couleur blanche. Il suffit d’observer le sol maculé sous son perchoir pour comprendre l’intensité de l’activité de l’oiseau.

 

Une fois le repas terminé, la toilette commence tout de suite par le bec qu’il prend soin de débarrasser des écailles collées. Ensuite ce sont les pattes pour la même raison. Mais le plus gros du travail est pour l’entretien du plumage qui peut durer le temps nécessaire non seulement pour le rendre  efficace mais aussi pour se donner le temps de  digérer.

 

Quand toutes ces menues tâches sont terminées et s’il n’est pas encore temps de partir pêcher, il prend une attitude parfois endormie avec ses yeux qui se ferment aux trois quarts. A d’autres moments il scrute avec précision avec un œil pendant qu’il ferme l’autre avec une paupière épaisse qu’il fait remonter du bas de l’œil.

Il arrive qu’il soit dérangé pendant ses agapes. Si le passage d’un humain le fait fuir sur un autre perchoir, il revient bien vite au point de départ chassé par les corneilles qui ne lui font pas de cadeau. Les vrais maîtres des lieux sont les corvidés alors que le pêcheur au bec crochu n’est que de passage. Il est donc toléré sur ce perchoir là et c’est tout !

C’est ainsi que se passe une journée ordinaire pour ce grand rapace quand il fait escale au lac de Vesoul, soit au printemps quand il vient d’Afrique où il passe l’hiver, soit à l’automne quand il revient des pays nordiques où il va s’accoupler. Est-ce le même oiseau saison après saison sur ce perchoir ou non ? Bien difficile de répondre.

 

Février 2009

Trop c'est trop,

L’hiver bat son plein, la survie est rude chez les rapaces. Je suis invité à photographier des buses variables qui viennent se nourrir au sol dans un parc privé. Des petits cubes de viandes sont éparpillés dans le gazon et attirent immanquablement les estomacs vides. Le spectacle est paraît il quotidien. Mon affût est à une dizaine de mètres seulement sous une sapinière et on voit distinctement les oiseaux engloutir les rations jusqu’à parfois déglutir une partie quand le trop plein est atteint.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sylvain Troux Instant Sauvage