L'auteur

Sylvain Troux photographe animalierDébut de la photo à l’ère argentique dans les années 80 avec un Minolta x300. Peu de papier mais plutôt de la diapo qui permet une projection et de belles couleurs. Puis le numérique arrive avec un petit compact Canon ixus 400. C’est une révélation. Avoir ses images en temps réel sur l’ordinateur et gérer soi même le « développement » est un progrès déterminant. Je suis souvent au contact de la nature à travers certaines activités physiques de plein air mais la passion de la photo animalière n’y est pas. Premièrement parce que le compact ne permet pas vraiment d’approcher les sujets farouches sauf à tenter un peu de macro. Deuxièmement parce que le lien n’est pas fait entre l’émotion que peut susciter la vue d’animaux sauvages et l'utilisation du matériel photographique.
Le déclic va se produire un peu plus tard alors que je photographie des scènes sportives dans le cadre de ma profession. Le matériel évolue, le réflexe numérique devient « accessible » et arrive une anecdote dramatique.
Une jeune fille capitaine de son équipe de rugby arrive en pleurs dans les bras de son professeur qui la console du mieux qu’il peut. Le match est perdu. Elle porte sur ses épaules toute la responsabilité de cet échec, elle est inconsolable. Je suis à 20 mètres de cette embrassade éplorée et franchement c’est assez banal dans le monde sportif. Quelques photos au zoom permettent de figer ces instants d’émotions. C’est là que tout bascule.
Avec le rapprochement, je suis dans l’intimité de ce cercle intense. C’est un choc. Je suis abasourdi, je ne comprends plus rien. Il me faudra du temps et du recul pour réaliser qu’à travers ce tuyau fabuleux qu’on appelle zoom, je me suis « téléporté » au cœur de l’action au risque de prendre une bonne claque.
Le lien est fait entre matériel photo et vie sauvage. Cette vie discrète, furtive toujours trop lointaine devient proche si on y met de la passion pour se cacher, pour patienter des heures parfois ou pour observer tout simplement. Toujours dans le respect de cette faune qu’on peut approcher mais qu’il faudrait laisser tranquille.
Rien ne remplace ces instants magiques vécus en compagnie de la vie naturelle, pas même les photos aussi belles soient-elles. Ils restent ces témoignages dont peuvent profiter le plus grand nombre mais je vous encourage, sans être donneur de leçon, à y aller vous-même, sur la pointe des pieds et pourquoi pas accompagnés de respectueux passionnés tels que les amis de la LPO (ligue protectrice des oiseaux).

 

Exposant aux salons de la photo de :

Saint Jean de Losne (21) en 2009, 2010, 2011, 2012

Lux (Chalon sur Saône) en 2010

Longecourt en Plaine (21) en 2011

Centenaire de la LPO à Port sur Saône (70) en 2012

 

Et l'esprit dans tout ça ?

Soyons clair, je ne suis pas un messager de quoi que ce soit et j'ai encore moins de leçons à donner à quiconque. Tout ce temps passé au coeur d'une nature accueillante, c'est pour moi que je le fais. Une sorte de thérapie pour m'aider à supporter notre monde aveugle à la raison et trop souvent gouverné par les intérets de plus en plus éloignés des peuples et de leurs environnements. Je m'y plonge je m'y ressource, je m'y sens bien. Après, si ces quelques photos ou histoires peuvent revenir de ces immersions alors tant mieux pour ceux que ça intéresse, mais ce n'est que la cerise du gâteau, l'essentiel est d'y être.

Je n'ai pas non plus la prétention d'aider la nature, quelle suffisance... La nature n'a pas besoin des hommes pour exister, si on veut vraiment l'aider, on pourrait déjà la laisser tranquille et ce serait déjà beaucoup. Elle sait se débrouiller toute seule, surtout qu'elle n'a pas attendu sur l'apparition de l'homme moderne pour suivre son évolution. 

Non pas pessimiste mais plutôt réaliste. Ce n'est pas l'homme et la nature, cette dichotomie achève une séparation sans avenir mais plutôt l'homme dans la nature tant il est vrai qu'elle est tout et que nous sommes une infime partie d'elle.

 

Et l'art dans tout ça ?

Oui c'est totalement de l'art puisqu'il y a création et esthétisme, pas de la photo qui ne fait qu'observer ce qui existe mais bien de la nature. L'auteur admirable est la nature, évitons de se substituer à elle. Le seul mérite du photographe et c'est déjà beaucoup est de rapporter des images en y mettant sa personnalité, sa patience, sa passion. Ce réalisme cru aide aussi à rester humble quelque soit la valeur du témoignage ramené et des récompenses qui y sont parfois ajoutées.

Article sur l'EST Républicain en novembre 2012.

 

 

 

 

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